L'ECOLE EN ALGERIE avant 1962 (3) - Instituteurs du bled. Enseigner : un sacerdoce

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

LES ENJEUX DE L'ECOLE EN ALGERIE AVANT 1962 - 3ème et dernière partie

Le 22 février dernier, la présidente du Cercle algérianiste d'Aix-en-Provence, Evelyne JOYAUX, a tenu une conférence sur un sujet qui lui est cher : l'Ecole en Algérie avant 1962.
Après la publication des deux premières parties intitulées respectivement  : "Scolarisation en Algérie" et "Enseignement et Colonisation", la troisième et dernière partie sera consacrée aux "Instituteurs du bled. Enseigner : un sacerdoce ".
Cette dernière partie sera illustrée d’un diaporama évoquant une dizaine d’écoles principalement du bled,  mêlant les élèves de toutes conditions depuis les années 1920 à la fin des années 1950.

 

    3ème et dernière partie

       L’instituteur du bled. Enseigner : un sacerdoce.

 En 1841 Tocqueville avait écrit : « Je ne crois pas que la France puisse songer sérieusement à quitter l’Algérie. L’abandon qu’elle en ferait serait aux yeux du monde l’annonce certaine de sa décadence ». Il ajoutait qu’à la différence des autres nations, la France devait à son histoire et à ses principes non d’exterminer ou de dominer  mais de civiliser, assumant ainsi l’héritage des lumières.

Soulignons  la similitude des points de vue de Jules Ferry,(vu précédemment)  Tocqueville et Paul Bert. Ces deux derniers avaient séjourné en Algérie. Paul Bert avait parcouru la Kabylie dont il disait que la géographie était hostile mais pas les habitants. Il avait acquis la conviction que l’implantation des écoles pouvait être tentée dans cette région mais que, contrairement à ce qui se passait en métropole, il ne fallait pas, et l’on ne pouvait pas,  imposer l’obligation scolaire aux populations du bled algérien.

En effet, si les Israélites et les Européens de toutes origines allaient très vite rejoindre les salles de classe, comme ils allaient adopter la langue et les prénoms français, les populations musulmanes des villages du bled en particulier, n’étaient pas en demande d’école. Les religieux musulmans qui enseignaient dans les écoles coraniques détournaient les familles de l’école des Français à qui ils faisaient la réputation de compromettre les bonnes mœurs, de favoriser la perte d’autorité du père et le mépris des travaux des champs.

Il fallait lever ces préventions ce à quoi s’employèrent des hommes pétris des idéaux républicains et dont Eugène Scheer est une figure emblématique. Ils parlaient les différents dialectes, connaissaient parfaitement le Coran et pouvaient discuter des points de théologiques.

Ils donnaient aux élèves et aux familles des notions d’hygiène, de jardinage. Ils surent adapter les méthodes d’enseignement en particulier en liant l’étude de la lecture et du langage. Enfin les leçons de morale adaptées au quotidien des enfants et une stricte neutralité religieuse leur valurent la confiance des familles.

Près d’un siècle après ces pionniers de l’Enseignement,  l’écrivain kabyle Mouloud Feraoun, instituteur lui-même, écrit à leur propos : Certaine région de Kabylie eut des écoles primaires dès que les lois scolaires de la  Troisième République furent appliquées. Les premiers maîtres furent des apôtres, tout le monde le sait. A l’époque la vie du bled était très difficile. Il fallait vaincre l’hostilité des gens et surmonter d’innombrables difficultés matérielles dont on commence maintenant à perdre le souvenir. Les premiers instituteurs fabriquèrent de la bonne terre dans leur jardin et dans leur classe, ils cultivèrent les petits esprits éveillés mais absolument sauvages. Entre ces deux tâches essentielles, il y en eu d’accessoires qui se multiplièrent à l’infini. Il fallut soigner les malades, écrire et lire des lettres, dresser des actes, donner des conseils, arbitrer des conflits, intervenir, aider, secourir ».

Ce texte est essentiel à la connaissance de ce que furent les maîtres  d’école en Algérie. Mouloud Feraoun affirme à la fin des années 1950 qu’il existe entre eux  suffisamment  de points communs  pour constituer un type. Il ajoute, hommage suprême : « Nos anciens réussirent ce prodige de faire de l’école un haut lieu où l’on envoie les enfants pour qu’ils deviennent meilleurs, le temple d’une religion nouvelle qui n’exclut pas l’ancienne, car elle s’adresse au cœur et à la raison, se sert du langage humain et enseigne la vérité humaine »

 

 

Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)
Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main )  sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)

Pour diaporama : cliquer sur l'une des flèches et maintenir le picto ( main ) sur la flèche - Souk et Tnine (1922) ; Yakouren (1930) ; Attatba (1935) ; Mercier Lacombe (1936) ; Nemours (1938) ; Mangin (filles et garçons) ; Rouîna (1953) ; Bône (1954) ; Blida (1958)

Publié dans CONFERENCES, POINT DE VUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :