5 JUILLET : Le respect de la loi n'est pas la soumission

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

 

Le 5 juillet 2018 nous étions à Aix-en-Provence, devant le Mémorial national des Français d’Algérie. Faut-il rappeler qu’il s’agit du premier monument édifié en Métropole après 1962. Il le fut à l’initiative du Commandant Jean Daubouy, un officier métropolitain particulièrement sensible au désarroi de ses compatriotes contraints à l’exode et à l’abandon de leurs tombes.

Malgré la disparition de beaucoup de ceux qui traversèrent ces évènements, les cérémonies organisées pour les anniversaires de la fusillade du 26 mars à Alger et les enlèvements du 5 juillet 1962 à Oran ne perdent pas en intensité.

Sous le soleil brûlant de midi nous avons entendu Robert Pérez, Président du Collectif des Associations de Rapatriés, (C.A.R) et Gérard Bramoullé, adjoint au Maire d’Aix-en-Provence,revenir précisément sur la chronologie des faits car elle suffit à mettre en évidence la logique implacable de la tragédie. Nous savons que ce jour-là ce n’était pas un dieu grec qui dirigeait la manœuvre.

L’indépendance venait d’être donnée à l’Algérie. A Oran, aux environs de midi, une chasse aux "Français de Souche Européenne (FSE) " a été lancée. 18 000 soldats français sont sur place pour assurer la sécurité de la population. La plupart obéiront aux ordres en restant dans leurs casernes.

L’ordre de ne pas intervenir du Général Katz ne sera levé qu’à 17 heures. Le massacre sans frein des Français d’Algérie aura duré 5 heures. Deux officiers ont pris la responsabilité de désobéir. Avec leurs hommes ils ont sauvé plusieurs centaines de personnes.

Durant cette cérémonie d’anniversaire, décrire les scènes d’horreur qui se multiplièrent durant la journée du 5 juillet 1962 à Oran était inutile; quelques évocations, dont celle du charnier du Petit Lac, suffirent. Mais c’est parce que nous les avions tous en tête, ces scènes d’horreur, que le choix de ces deux officiers français prit tout son sens.

Ainsi, et comme nous l’avons fait au Cercle d’Aix pour la mort du Colonel Beltram, nous sommes revenus  sur la question de la liberté personnelle et de la responsabilité qui, tout au long de l’Histoire de France, a constitué le socle de nos valeurs.

Pour ces officiers, comme pour les généraux et ceux qui avaient refusé de trahir la parole donnée à la population française d’Algérie et d’abandonner les Harkis, la liberté d’obéir ne pouvait exister sans le risque assumé de la désobéissance lorsque des ordres deviennent contraires à l’honneur.

La leçon est toujours valable. Pour des hommes qui se disent libres, le respect de la loi et de l’ordre est consenti et n’annule pas le libre arbitre. Il ne saurait être confondu avec la soumission à la puissance qu’il s’agisse d’argent, d’idéologie ou de mode.

Evelyne Joyaux
Chevalier de la Légion d'Honneur

5 JUILLET  : Le respect de la loi n'est pas la soumission
5 JUILLET  : Le respect de la loi n'est pas la soumission

Publié dans POINT DE VUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :