CRISE SANITAIRE : déjà en 1833 lors des premiers jours de la Conquête

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence


Un texte qui rapproche deux périodes pourtant si éloignées !

 

Procès-verbaux et rapports de la commission d’Afrique instituée par ordonnance du roi du 12 décembre 1833 (édition en 1834)

 

Les malades, dont le nombre augmentait d’une manière effrayante, nécessita malgré des évacuations fréquentes sur Mahon et Marseille, la création d’infirmeries régimentaires ; mais ces établissements dépourvus de moyens curatifs, et manquant même de paille, ne pouvaient apporter à nos soldats  aucune espèce de soulagement.

Notre long séjour sur les vaisseaux, le régime hygiénique auquel le soldat y fut astreint, les fatigues de la campagne, la chaleur brûlante du jour, l’abondance et la froidure des rosées pendant la nuit, furent autant de causes de maladies qui expliquent suffisamment et la quantité et la nature de celles qui affligèrent si cruellement notre armée.


Dans les temps ordinaires, une telle calamité lui aurait valu, seule, des droits à l’intérêt de tous les Français. Il n’en fut pas ainsi. Au milieu des passions qui nous agitaient, elle devint, au contraire, le texte de nouvelles accusations contre l’armée. Pourra-t-on le croire ? on en découvrit la cause dans son indiscipline.


J’ai prouvé que jamais armée ne fut plus disciplinée ; mais s’il est besoin de nouvelles preuves, un fait incontestable, pris parmi beaucoup d’autres, répondrait à ces assertions que je ne saurais qualifier  trop énergiquement : le besoin le plus pressant pour l’homme parvenu à l’âge de ceux qui composent l’armée ne pouvait être satisfait et pourtant aucune plainte ne se fit entendre, aucune femme ne fut insultée.


L’administration aurait pu remédier, par des soins et plus d’activité, à une partie de ces mots ; elle eut le tort grave de n’en rien faire. Pressée par la nécessité, plusieurs fois elle avait agité la question de s’emparer de quelques mosquées pour y placer des malades ; mais, outre que ces lieux sont peu aérés, et qu’ils auraient exigé des réparations longues pour les approprier à ce nouveau service, on craignait l’effet que pourrait produire cette espèce de profanation des lieux saints.


Ces considérations firent renoncer à ce projet, et les malades restèrent sans asile ou s’amoncelèrent dans les infirmeries régimentaires. Alors on jeta les yeux sur la salpêtrière : c’était un peu tard, et les travaux  que nécessita le changement de destination de ce bel établissement, ne le rendirent utile que pour l’avenir. Du reste, située hors d’Alger et dans le quartier le plus sain, les malades s’y rétablissaient plus promptement que dans les hôpitaux de la ville, et la mortalité y est moindre.

 

 

Ce texte nous a été transmis par notre amie Nicole MERCIER ( qui fait, avec Jean-Jacques, un travail de recherche sur l'évolution de la Médecine en Algérie française) et a été tapé par Evelyne JOYAUX . Hélène MARTIN BERTHET a essayé de l'illustrer et se charge de la publication .
Toujours Ensemble au Cercle !

 

 

Publié dans TEMOIGNAGES

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