ILS ONT PARLE DE LA MOUNA DU LUNDI DE PAQUES

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence


On a vu dans l'article précédent qu'Albert Camus, dans Le Premier Homme - 1994  ne peut oublier le souvenir des Lundis de Pâques et de l'incontournable mouna :

"et c’était avec lui (l’oncle Michel) qu’au Lundi de Pâques ils partaient avec toute la famille pour faire la mouna dans la forêt de Sidi-Ferruch (…) etc
.

Marc Baroli, dans La vie quotidienne des Français en Algérie - 1830/1914 - 1967, ouvrage d'évocation très agréable à parcourir, ne peut passer sous silence cette tradition   :

"La mouna se fête partout, dans les villes comme dans les villages. C'est à l'origine un gâteau espagnol, une sorte de brioche couronnée d'un oeuf retenu par un croisillon de pâte et qui durcit pendant la cuisson.
Dans la deuxième moitié du XIXè siècle, l'habitude s'est répandue chez tous les Européens d'Algérie d'aller en bande manger la Mouna au dehors le lundi de Pâques .
Toute la semaine sainte est consacrée aux préparatifs. Chez Cagayous on met des objets au mont de piété pour couvrir les frais de la journée. Les femmes n'admettent de faire aucun autre travail (...)
Le grand jour venu on part très tôt à pied, en charrette ou en tram vers le coin de plage ou de forêt choisi plusieurs jours à l'avance et que les plus vaillants sont parfois allés occuper en pleine nuit, et toute la journée on mange, on danse et on se baigne."

 


De son côté, Emile Moussat, dans " Ce que parler veut dire"  donne sa version de l'origine de la mouna (l'Algérianiste n° 109 par Mme G. de Ternant) :

"
En indo-européen la lune se dit mên ou mon. Les anglais disent moon. Nous avons pris cette racine pour faire mois.
Or le lundi de Pâques, lundi jour de la lune, dans plusieurs pays de la Méditerranée, on mange en plein air un gâteau rituel appelé Mona (mona étant l’image de la lune).
Autrefois ce gâteau était en forme de couronne, à la manière du Kougelhof .et à l’intersection de deux diamètres perpendiculaires avec le cercle, on enfonçait dans la pâte fraîche quatre œufs entiers avec leur coquille qui durcissaient à la cuisson....Il constituerait, peut-être, une offrande à la lune pour qu'elle fasse pondre les poule..."


 

Quant à Marie Elbe, dans un article intitulé "La trajectoire des Noviciens" - Historia n° 231, elle se souvient d'un certain lundi de Pâques 1956 à Novi  (textes et photos extraits du magazine)

"  1956, donc. Et plus précisément aux environs de Pâques. L’église regorge de fidèles et de fleurs, les cloches carillonnent. Au bout des parcelles, la mer est calme, calme comme le ciel et comme les montagnes ; les jeunes sont allés se balader, comme chaque année, pour voir éclore le printemps.
Et soudain, coup de Trafalgar à Cherchell.
Vingt rebelles emprisonnés s’évadent, laissant derrière eux les cadavres du vieux gardien et de sa femme. Ils se perdent dans le paysage..."

 

 

Publié dans TEMOIGNAGES

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