suite III - SOUVENIRS DES JOURNEES DU PUTSCH PAR HELENE et GERARD

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

Plusieurs des membres du Cercle d’Aix ont adressé leurs souvenirs des journées du Putsch d’avril 1961 à Alger.

Ce sont des souvenirs de jeunes ou très jeunes gens sur qui le temps a passé mais l’émotion, partagée, reste palpable 59 ans après.

Aujourd'hui, deux témoignages d'HELENE de Blida et de GERARD d'Alger, tous deux alors âgés de 10 ans et demi.

 

 

 

HELENE RACONTE : "J’avais 10 ans et demi. J’étais en CM 2. Il faisait très beau à Blida en cet avril 1961. Nous avions entendu le message à la radio, je crois, et la joie régnait de la terrasse au jardin. On venait alentour en discuter autour de l’anisette sur la véranda, et les conjectures allaient bon train. Avec mon frère, nous nous amusions à savoir lequel des 4 généraux nous préférions.

Seul, mon père, militaire à l’Etat major d’Alger n’était pas très optimiste quand il rentrait le soir par la micheline. La maisonnée pensait qu’il était plutôt rabat-joie, et que c’était surtout un "patos ".

Etait-ce au cours de ces journées-là ? Dans la cour de mon école, les élèves européennes avaient organisé une grande ronde où nous avions chanté à tue-tête "Algérie française". Nos institutrices étaient complices. Les élèves musulmanes s’étaient rangées à part, souvent avec des regards réprobateurs.

J’avais une petite camarade musulmane, Fiala, avec qui nous tentions d’écrire un roman, genre énigme.  Avions-nous compris que nous ne l’écririons jamais ensemble ? "

Lorsque le Putsch prit fin, il y eut un silence pesant dans l'après-midi de Blida.

 

 

 

 

 

GERARD RACONTE : "J'avais 10 ans et demi, fin avril 1961 et du fait de la rapidité de son dénouement, de la peine éprouvée alors…j’ai peu de souvenirs, d’autant qu’habitant à Belcourt (quartier "mixte "), rue de Lyon et allant à l’école Caussemille (au Hamma), l’environnement n’était pas celui du centre d’Alger.

            Cependant, j’ai ressenti - et toute la famille avec moi (pour la dernière fois peut être) - une grande joie : enfin l’Armée se rangeait à nos côtés pour conserver notre pays …

            J’ai entendu à la radio et sur la mire du poste de télévision des chants militaires qui passaient en boucle. J’ai vu à la télé les 4 généraux interrogés par je crois André Rossfelder (je n’en suis pas sûr), quand ? Je ne me rappelle plus le jour et l’heure précisément…Sans doute le dimanche (22/04).

            Nous n’avons pas pavoisé, à la différence du 13/05/1958, pour les raisons évoquées plus haut, quartier-frontière. Nous (la famille) ne sommes pas allés au forum, ni entendu l’appel de Radio-Alger dans la nuit du lundi au mardi…

            Dans mon quartier, je ne crois pas avoir vu beaucoup de mouvements de troupe, durant ces 4 jours. Pas de manifestations, ni d’européens ni de musulmans. Tout le monde retenait son souffle et puis mardi matin, la grosse déception...La fin d’une partie de nos illusions et la vie a repris son cours, jusqu’à ce qu’on se replie rue Bichat (Champ de manœuvre) quelques temps plus tard, notre sécurité était en jeu. "

 

Publié dans TEMOIGNAGES

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