Suite II : SOUVENIRS DES JOURNEES DU PUTSCH PAR ALAIN, D'ALGER

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

 

Plusieurs des membres du Cercle d’Aix ont adressé leurs souvenirs des journées du Putsch d’avril 1961 à Alger.

Ce sont des souvenirs de jeunes ou très jeunes gens sur qui le temps a passé mais l’émotion, partagée, reste palpable 59 ans après.

Aujourd’hui, c’est le témoignage d'ALAIN, d'Alger.
D'abord, Alain a voulu rappeler l'impression que lui avait laissée la journée du 13 mai 1958.
Impression prémonitoire au vu des journées qui suivirent.
Un récit de l'après Putsch où l'on voit comment un pouvoir peut broyer les hommes !

ALAIN RACONTE :

Le 13 MAI 1958 : " J'étais au milieu d'une foule en liesse et écoutais attentivement le discours de De Gaulle. Après être rentré chez mes parents, ma mère m'interrogeant sur ce discours, je lui ai répondu au travers de ce que j'avais entendu " Maman, c'est fichu, il va falloir faire nos valises !". Pourquoi ai-je eu ce sentiment ? Je ne me l'explique pas encore aujourd'hui. Mais je suis sûr de ce que j'ai ressenti et que la foule en liesse ne semblait pas partager."


Sentiment prophétique.

 

APRES LE PUTSCH : " Je n'ai pas vécu le Putsch de 1961. Engagé volontaire depuis septembre 1960 à Alger, mais en Ecole Militaire en Métropole.
Nous n'avons pas été tenus au courant  de ce qui se passait à Alger. En revanche, la base de Rochefort fut consignée et les pistes barrées.

Revenu en Algérie en janvier 1962 à la base d'Oran la Senia, nous avons été consignés jusqu'au 20 ou 25 juin sans pouvoir entrer en contact avec nos familles.
Le 25, tous les militaires PN étaient rapatriés en France.

Ce rapatriement s'est fait dans l'urgence absolue.
Motif :  notre sécurité ! En réalité, le pouvoir craignait un nouveau soulèvement.
Nous étions 300 à 500, appelés ou engagés, tous PN. Le colonel nous informa que nous devions retourner dans nos casernements, préparer nos paquetages et attendre les ordres de départ immédiat. Destination inconnue.
Attente, une nuit entière.
Le lendemain, nouvelle attente dans un hangar où il devait bien faire 45°.
Puis l'après-midi, départ. Destination toujours inconnue.
Tri à Istres.  Puis base de Cambrai où nos tenues d'été n'étaient pas très appropriées à la température très basse qu'il y faisait !
A nouveau, mise à l'isolement. Et ce, pendant 15 jours. 
Nouvelle redistribution dans de nouvelles unités.

 

Je n'ai pu renouer le contact avec ma famille rentrée en France qu'en septembre. "

 

 

 

Publié dans TEMOIGNAGES

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