MASSACRES D'ORAN 5 JUILLET 1962 : HOMMAGE DEVANT LE MEMORIAL DES RAPATRIES

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

Dépôt de gerbe par le Cercle Algérianiste d'Aix-en-Provence

Dépôt de gerbe par le Cercle Algérianiste d'Aix-en-Provence

Dimanche 5 juillet 2020, le souvenir des victimes du massacre d’Oran, en 1962, nous rassemblait au cimetière Saint-Pierre d’Aix-en-Provence, devant le Mémorial édifié peu après notre arrivée en métropole. Nous nous y sommes retrouvés comme chaque année, et plus nombreux que la situation sanitaire, conséquence de l’épidémie, ne le laissait prévoir.
C’était le même soleil de midi avec l’ombre du grand arbre et la même scie stridente des cigales.
Nous avons chanté Les Africains et La Marseillaise. Une nouvelle fois nous avons écouté le récit de l’abandon de la population civile aux mains des égorgeurs par ces Français qui avaient le devoir de la protéger. Les drapeaux se sont inclinés.

Avec le temps qui passe, et les maux qui l’accompagnent, on devinait chez chacun une difficulté plus grande à être là, mais nous y étions.

A quoi servent ces monuments qui témoignent d’une réalité révolue ? demandent les indifférents. La seule réponse nette à cette question ne vient-elle pas de ceux qui veulent les détruire.

En effet, après l’Indépendance de l’Algérie les tombes et les monuments auxquels nous étions attachés furent profanés ou dégradés dans l’indifférence générale.
Aujourd’hui, c’est au tour des édifices et des statues édifiés au fil des siècles sur le sol de la métropole, par le peuple français, dont on exige la suppression. Ce n’est pas la timide réaction française à cette agression qui met en évidence leur importance mais la volonté active qu’elle révèle de détruire nos repères symboliques.

Le 5 juillet, devant le monument du cimetière Saint-Pierre nous avions le bonheur de compter quelques plus jeunes dans l’assistance, et même des tout-petits. Avec ceux dont nous rappelions le souvenir et la tragédie nous formions une famille au sein d’un peuple et d’une histoire, dont nous nous reconnaissons comme les héritiers.

Evelyne Joyaux

Publié dans MANIFESTATIONS

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