DERNIER NOËL EN ALGERIE, par MARIE-LOU

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

 

 

 

                                            Plusieurs de nos amis nous ont adressé le récit de leur dernier Noël là-bas, dans notre Algérie française natale, ainsi que leurs premiers Noëls en métropole. Beaucoup d'émotion dans ces témoignages. Nous les en remercions sincèrement.

Ce 25 décembre 1961 sera notre dernier Noël en Algérie. Malgré l’ambiance mélancolique qui régnait dans notre appartement, la tradition de Noël était cependant respectée : un sapin sobrement décoré trônait dans le salon, une crèche avec ses principaux personnages, des odeurs de pâtisseries et Tino Rossi déversant ses éternelles chansons de

Noël dont le célèbre Petit Papa Noël que nous chantions à tue-tête. Il faut dire que deux mois auparavant mon père, militaire de carrière, avait eu un grave accrochage dans le djebel sud-Oranais où sa jeep avait sauté sur une mine. Transporté et soigné dans un premier temps à Oran, il fut admis aux Invalides à Paris pour de très longs soins avant de retrouver sa famille début janvier 62, pour préparer notre départ vers la Mère Patrie. Mais revenons à ce réveillon du 24. Préservée par l’insouciance de mes 7 ans et malgré l’absence de mon père, je me laissais aller à la joie de découvrir avec mes jeunes frères et sœurs, la bonté du Père Noël sans savoir que l’Armée avait généreusement contribué à l’achat de nos cadeaux dont ma poupée Bella… Les sourires illuminaient tous les visages des petits comme ceux de maman et de mes grands-parents maternels.

C’est ça la magie de Noël ! En revanche, le Noël 62 aura un goût doux amer. Rassemblée tant bien que mal car dispersée du nord au sud de la France, une partie de ma Grande Famille s’était retrouvée dans le Var, chez une tante, pour ce premier noël en Métropole. Tandis que les adultes se rappelaient les souvenirs de là-bas, les tragédies du départ et les infortunes de nos installations, les enfants que nous étions étaient heureux de se retrouver entre cousins et cousines et sans rancune pour le Père Noël porteur cette année-là d’un ballon de baudruche et d’une orange : grandis par ces épreuves, nous avions appris où se trouvait le vrai bonheur…

Marie-Lou

Publié dans TEMOIGNAGES

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