DERNIER NOËL EN ALGERIE, par ALAIN

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence


Plusieurs de nos amis nous ont adressé leur récit du dernier Noël là-bas, dans notre Algérie française natale. On y trouve beaucoup d'émotion. Nous les en remercions.

Après, Marie-Lou, Cécile, c'est au tour d'Alain. Mais, lui, a préféré raconter ses Noëls d'avant. Il a eu raison. Car le récit est drôle. Mais derrière le rire se cache la grande nostalgie de notre enfance et de la terre natale perdue. 

En 1961 étant militaire,   je n’ai pas assisté au Noël de ma famille. Mais je peux vous décrire un des Noëls de mon enfance. Il se passait chaque année dans la ferme familiale située près d’Alger, proche d’El Achour, sur la commune de Draria, à proximité du Château BERREAU, pour ceux qui connaissent les lieux.

Chaque année mon grand-père dressait un énorme sapin dans la grande salle de séjour, que ma grand-mère décorait.

Jusque-là, rien de particulier me direz-vous ! Sauf que cette célébration ne se déroulait pas seulement autour d’un repas avec 25 à 30 convives.

 Chaque année un spectacle donné par les enfants, était organisé, à la joie des convives.

Une de mes grands-tantes imaginait des saynètes, organisait le scénario, pendant que ses sœurs confectionnaient costumes et décors.  Après le repas, en attendant l’arrivée du Père Noël, les enfants donnaient le spectacle. C’est ainsi que nous avons interprété la naissance du Christ, les cousins déguisés en Rois mages et le dernier né de la famille, installé dans un panier d’osier, se prenant pour Jésus !

Chaque année, le thème était changé. C’est ainsi que nous avons interprété ‘’La belle au bois dormant’’ et ‘’Cendrillon’’ afin que les filles puissent aussi s’exprimer.

Aux douze coups de minuit le Père Noël (qui n’était pas une ordure), mais n’était autre que ma grand-mère enveloppée d’une splendide tenue rouge et parée d’une magnifique barbe blanche, pénétrait dans la grande salle de séjour, accompagné de son bourricot (en Algérie les rennes étaient rares !), portant les cadeaux, entassés dans deux grands paniers d’osier accrochés de chaque côté de son dos. L’animal était alors conduit au pied de l’arbre pour que chaque convive puisse recevoir son présent.  

Le bourricot rejoignait ensuite ses pénates où un diner festif l’attendait pour qu’il fasse de beaux rêves… Tout au cours de sa vie se fut la seule mission qui lui fut confiée. Animal fantasque, nous n’avons jamais pu le monter !

Plus tard, quand la modernité entra dans cette ferme, notre bourricot sera remplacé par un tracteur, mais celui-ci n’aura pas la joie et le privilège d’entrer dans la demeure avec

le Père Noël aux manettes. Il était équipé de chenilles !...

                                                                                    Alain

Publié dans TEMOIGNAGES

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