RAPPORT STORA : Pieds-Noirs, les oubliés

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

 



"Les Pieds-Noirs sont un peu les oubliés de ce rapport" : tel est le constat de Pierre VERMEREN, professeur d’Histoire contemporaine – Paris I Panthéon Sorbonne, interrogé lundi 25 janvier sur France Culture (Les Matins – 7h14)




On ne pouvait pas moins en attendre de M. Benjamin Stora qui n’a jamais fait montre de beaucoup de bienveillante impartialité pour les Français d’Algérie.
En tout état de cause, voilà un rapport qui ne clôt en aucun cas la question ni avec l’Algérie ni avec la société française malgré les mesures symboliques que le Chef de l’Etat  offrira à son électorat à la veille des présidentielles.

 

 

L’Algérie n’a pas voulu participer à ce rapport
Selon le professeur VERMEREN ce rapport devait répondre à un double objectif difficile à tenir : s’adresser à l’Algérie et aux Algériens et s’adresser à la société française. "Au départ, ce devait être un rapport rédigé par B.Stora et un historien désigné par le président algérien, A. Chikhi, qui n’est pas historien mais directeur des archives - un peu l’historiographe officiel - mais finalement il a été fait par B. Stora du fait que l’Algérie n’a pas vraiment répondu à la commande." 

L’instrumentalisation de la guerre d’Algérie au cœur du pouvoir algérien
"La question de la mémoire de la guerre d’Algérie est au cœur de la politique du gouvernement algérien depuis 60 ans (…) Pour autant est-ce qu’il est possible de réconcilier les deux pays (malgré les gestes de de la France) ? Pas forcément car la réponse officielle qui a émané des autorités algériennes à travers la parole d’un diplomate, c’est de dire que la demande algérienne (reconnaissances des « crimes coloniaux ») n’a pas été reconnue mais aussi que chaque pays ayant sa mémoire, les deux mémoires sont probablement irréconciliables puisque chacun à sa tradition historique".


Des mémoires victimaires concurrentielles
Des visions très divergentes et une concurrence des mémoires victimaires continuent de caractériser chacun des protagonistes. Pierre Vermeren prend pour exemple l’enjeu des dates retenues dans le rapport. Celle du 19 mars honnie des Pieds-Noirs et Harkis, "car le pire des violences a commencé à cette date " ; celle du 17 octobre 1961 qui "exaspère toute une partie de l’armée, des forces de l’ordre et des Pieds-Noirs " ; celle du 25 septembre – qui existe déjà -, "mais les Harkis déplorent que les autorités ne reconnaissent pas les crimes de la France (à leur encontre) ".

 

Les Pieds-Noirs oubliés
Une reconnaissance concernerait la participation des Pieds-Noirs au débarquement de Provence lors de la Seconde guerre mondiale. "C’est assez consensuel et chaque année, finalement ça se fait. Mais le rapport est là un peu timide parce qu’au fond les Pieds-Noirs sont un peu les oubliés de ce rapport et il ne fait pas de doute qu’eux aussi vont réagir d’une manière un peu courroucée."

 

Pour écouter l’intégralité, lien: France culture

 



 


 

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