La Postale de LOUISE : aujourd'hui la Glacière Laval de Blida

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

Cet été nous vous proposons de regarder quelques cartes postales que nous a laissées LOUISE, la grand-mère de notre amie Nicole. Nous intitulerons cette séquence : "La postale de LOUISE".
Nous accompagnerons ces belles vues d’antan de commentaires ou récits que nous connaitrions.
A vous aussi de les compléter.

Bonnes Vacances  

 

La Postale de LOUISE : aujourd'hui la Glacière Laval de Blida

Boissons glacées, sorbets et glaces agrémentent nos journées estivales.
Il en fut très vite ainsi dans l’Algérie de la Conquête grâce aux GLACIERES de BLIDA.


Le Colonel Trumelet, dans son volumineux ouvrage sur BLIDA (1884), nous rapporte que " l’industrie des glacières n’était pas inconnue dans la Régence avant l’occupation française" puisque l’on approvisionnait en glace le palais du Pacha depuis le Tell.
Après la conquête, lorsque la paix fut à peu près acquise autour de Blida vers 1842, des limonadiers de Blida et d’Alger, s’installèrent témérairement sur la route montagneuse de CHREA pour y établir des silos à neige destinés à conserver la neige et l’expédier, une fois compactée, vers Blida ou Alger.
Dans les premiers temps, on y trouvait les glacières Delavigne, Valentin et LAVAL.

 

Étant apparentée à la famille LAVAL, je m’y attarderai davantage.

Trumelet écrivait que les glacières LAVAL étaient "les plus remarquables de la montagne, situées sur le territoire des Kerrach, à l’est du massif des Bni-Salah" et qu’elles auraient été fondées vers 1855. 
Son propos est attesté par d’autres documents.


En effet, Alexandre LAVAL, né à Puéchabon (Hérault) en 1821 arrive avec son frère Jean à Alger en 1845. Ils s’installent tous deux à Blida vers 1850, le premier comme négociant et limonadier, le second, comme entrepreneur de maçonnerie.
"Innovateur, intelligent, travailleur infatigable" dit d’Alexandre la presse blidéenne à son décès en 1895, "il faisait aménager, peu après son arrivée, sur les flancs de l’Atlas, les premières glacières algériennes qui furent la source de sa fortune". Il acheta également l’immeuble Biron sous les arcades de la Place d’Armes de Blida qui fut connu sous le nom de GRAND CAFE LAVAL que fréquentait la meilleure société blidéenne dans des soirées et bals selects.  Il s’y préparait notamment les sorbets et les glaces à la vanille et au moka dont la réputation s’étendait au loin.

 

Les glacières LAVAL étaient situées à une altitude de 1 200 m. On y accédait depuis l’avenue des Moulins par un chemin muletier, à travers les contreforts du Petit Atlas.
C’était une propriété de 83 hectares.  Alexandre Laval y avait créé une grande châtaigneraie pour l’ombrage et un boisement de cèdres et de chênes-verts pour leur exploitation.
La propriété comptait un bâtiment à usage d’habitation, hangars et écurie, une maison de garde et une autre petite construction. Alexandre habitait régulièrement ces inhospitalières contrées car il n’était pas rare que des tentatives d’incendie n’y soient perpétrées par des esprits insoumis.
A proximité de la maison d’habitation étaient édifiés deux grands bassins dont un avec fontaine, captant les eaux de source, fraîches et abondantes.
Il y avait surtout ces fameuses glacières : "Cinq grands puits à glace ou glacières, dont un avec couverture en charpente, en forme de pyramide, se trouve devant la maison d’habitation. Les quatre autres sont situés au sud dans la montagne… »"
Cette petite industrie faisait vivre les montagnards kabyles habitant ces lieux qui ramassaient la neige, l’ensilaient dans les puits et transportaient ensuite les blocs de glace à dos de mulets, sous un épais couvert de paille et de couvertures de laine. Il s’en perdait bien un peu durant le chemin !

Telles étaient les glacières LAVAL qui, au décès d’Alexandre qui était célibataire, et dont les neveux ne surent pas assurer la succession, furent mises aux enchères en même temps que le célèbre café, près de 50 ans après leur fondation. A la fin de l'année 1897, elles revinrent, après de multiples surenchères, à M. Charpentier, ingénieur de la compagnie de gaz à Alger. Ce dernier sera à l’origine de l’hôtel alpin qui s’y construira.
D’autres projets plus ambitieux écloront sur ce que furent ces glacières LAVAL de CHREA aux pieds desquelles s’étalait l’incomparable panorama de la plaine de la MITIDJA. 

Hélène MARTIN BERTHET

Voir également le site Blidanostalgie:  Glacière de Blida

Documents annexes : Parutions dans le Tell : Adjudication de la propriété rurale de la Glacière et Excursion à la Glacière Laval.

 

Publié dans TEMOIGNAGES

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H
Merci de votre commentaire. Enfant dans les années "50", à Blida, j'ai vu la vente de ces blocs de glace amenés sur des charrettes devant nos domiciles mêmes. A l'époque, je ne m'interrogeais pas sur leur provenance et sur leur histoire ...
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J
Bravo pour ce reportage sur les glacières Duval.
J'ai connu ce principe, pratiqué par les Kabyles de Grande Kabylie.
Ils vendaient cette glace sur les marchés, l'été.
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