L'EXODE ET APRES ? (vidéo résumé) - Hélène Martin

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

Les conférences du 15 mars de Philippe Lamarque et du 12 avril d’Hélène Martin-Berthet ont connu un très grand succès, le public ayant bondé les deux salles de la Maison Juin utilisées à cet effet.

Nous ne reproduirons pas la conférence de Monsieur Philippe Lamarque à sa demande

Nous renvoyons nos amis à ses brillants ouvrages dans lesquels ils retrouveront la puissance et l’originalité de ses analyses fondées sur une culture époustouflante.

Nous donnons ici un court résumé de l’exposé de la conférence d’Hélène Martin Berthet et de très courts extraits des projections réalisées - au total conférence de près de 2 heures.

 

 (Extraits de projections de la conférence d'Hélène Martin Berthet - Commentaires "off" 

Pour agrandir  l'écran, cliquez sur le picto qui apparaît à droite, une fois que l'image démarre )

 

 

 

Avant d’entamer le parcours sur les 50 ans qui ont suivi notre Exode, Hélène Martin Berthet salue l’action active et combattive des centaines d’associations de Français d’Algérie qui ont porté nos revendications, ainsi que ces hommes et ces femmes anonymes – ceux qui ont été étrangers à la course effrénée aux honneurs et qui ont placé la défense de notre mémoire au cœur de leur vie. 

Elle a aussi rappelé que le terme « rapatrié » ne nous a jamais convenu, terme induisant que nous n’étions pas dans notre  patrie en Algérie. Or il n’en est rien. "Nous étions dans notre patrie en Algérie". 

Les Français d’Algérie, au contraire, revendiquent le terme « Pied-Noir », d’autant qu’une école de pensée militante nous dénie l’existence d’un peuple singulier. Nous ne serions selon cette école « qu’une invention ». Les auteurs algérianistes et Albert Camus ont démontré le contraire.

 

3 périodes successives sont analysées, rythmées par la place qu’y occupe la mémoire.

 

La mémoire collective veut tourner la page encombrante de cette histoire : c’est le temps de l’oubli qui s’étire sur les 25 premières années environ.

La conférencière rappelle les tragédies de l’Exode, les difficultés rencontrées par les Français d’Algérie dans les domaines de l’emploi, du logement, chez nos anciens,  la perception qu’ont les Métropolitains de ces « Français qui ne sont pas tout à fait comme nous ». Elle rappelle les décisions implacables prises à l’encontre des Français qui ont  mis en cause l’autorité de l’Etat et les condamnations à mort qui furent prononcées et exécutées.

Elle montre aussi combien les mesures d’accueil furent imparfaites et tardives et la longue attente des Français d’Algérie pour obtenir une indemnisation, qui, « pour le général De Gaulle est l’aveu de l’échec de sa politique de décolonisation et de la violation des accords d’Evian ». Cette loi d’indemnisation votée après son départ, ainsi que les mesures complémentaires qui seront apportées par des lois successives, en réalité « ne sont que des gestes de solidarité nationale qui n’apporteront jamais la juste et intégrale réparation des spoliations et préjudices subis ». Les lois d’amnistie sont également évoquées : elles sont difficiles à accoucher dans les rangs des gaullistes et tarderont à réhabiliter définitivement les insurgés de l’Algérie Française.

Avec ces lois et la reprise de relations plus normalisées avec l’Algérie, les gouvernements successifs pensent que la page de la guerre d’Algérie peut être refermée.

Mais, comme le rappelle la conférencière, c’est oublier que ces mesures ne sont pas nées d’un élan national unanime. En outre, de nombreuses difficultés demeurent, comme les problèmes liés au désendettement des Français d’Algérie et celui des retraites. Malgré cette adversité, la plupart des Français d’Algérie ont su rapidement s’intégrer et démontrer le réel esprit d’entreprise qui les a toujours animés.

 

A partir des années 1980 cependant des groupes communautaires, principalement issus de l’immigration ou d’outre mer ont remis en cause cette politique de l’oubli, au nom d’un passé qui n’aurait pas été apuré : c’est le temps du réveil des mémoires, favorisé par l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Une nouvelle forme de mémoire s’exprime à l’occasion des procès Barbie, Touvier et Papon, se fondant essentiellement sur l’émotionnel et la revendication et engendrant parallèlement une concurrence entre groupes mémoriels. L’ouverture de ces procès sera surtout l’occasion d’établir des confusions entre les époques et des amalgames entre la seconde guerre mondiale et la guerre d’Algérie, notamment au cours du procès Papon. Au moment où se tiennent ces procès ont lieu les premières grandes émeutes en banlieues et leurs répressions qui touchent essentiellement les générations issues de l’immigration : de là, à établir des passerelles avec les répressions antérieures, il n’y a qu’un pas qui est allégrement franchi. Deux exemples servent à illustrer l’instrumentalisation idéologique, au nom de la  mémoire, au cours de cette période 1980/1990 et sa montée en puissance : les commémorations du 17 octobre 1961et celles du  8 mai 1945, moyens pour le pouvoir algérien qui est en échec depuis l’indépendance (et ses soutiens militants en France) de fustiger l’ancien colonisateur.

 

La troisième période se caractérise par une crispation des mémoires qui est loin d’être close aujourd’hui et s’ouvre à la fin des années 1990.

Elle s’exprime par une  campagne compulsive – orchestrée par l’establishment médiatico associatif -   autour de la dénonciation unilatérale de la torture par l’armée française, puis par la polémique autour de la loi du 23 février 2005 et de son fameux alinéa 2 de l'article 4.

Ces déchaînements se placent au moment où le pouvoir algérien exige la repentance de la France pour les « crimes de la colonisation ».

On sait que l’Etat français va s’incliner devant la pression minoritaire de la rue et abroger la disposition litigieuse de la loi du 23 février, seule loi parmi les 4 lois mémorielles à être amputée.

De nombreux exemples démontrent comment, par la suite, les mesures prises pour parachever l’effort moral et financier en faveur des Français rapatriés lors du renouvellement du mandat présidentiel de Jacques Chirac sont peu à peu détricotées ou purement et simplement abandonnées (Disparus, Cimetières, Archives, 5 décembre, etc...)

 

Pour conclure la conférencière évoque tout ce qui s’oppose encore aujourd’hui à une réconciliation des mémoires après 50 ans. "Comment envisager une réconciliation dans une France elle-même en divorce avec son identité républicaine ? La déprise des valeurs qui avaient fondé notre unité explique la difficulté de nos combats. Aujourd’hui, cela concerne plus largement toute la collectivité française. »

 

  

Chaque volet est accompagné de photos ou de vidéo illustrant les propos et se clôt par une évocation de thèmes particuliers (Cinéma, Livres, etc ...)

 

Le livret " L'Exode, et après ...Carnet 1962/2012 pour servir aux enfants d'aujourd'hui" a été présenté et offert aux amis présents. Par la suite, il sera proposé à la vente au prix de 10 euros, comme le premier livret.

 

Conférence et blog : tous droits réservés.

Publié dans CONFERENCES

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