II - Congrès des Français d'Algérie à Perpignan : Hommage aux victimes /Discours du maire de Perpignan

Publié le par Cercle Algérianiste d'Aix en Provence

Les 27, 28, 29 janvier 2012 s'est tenu le 38ème congrès national des Cercles algérianistes à Perpignan. A cette occasion, le  Centre de Documentation des Français d'Algérie a été inauguré en cette année de commémoration du cinquantenaire de l'Exode des Français d'Algérie. Rappelons que cette inauguration fait suite à  l'érection, en 2007, du Mur des Disparus.

 

Lors de ce rassemblement qui a réuni 2 000 personnes, nous avons entendu lsuccessivement Dimanche matin le discours du président national du Cercle algérianiste (voir autre article : Discours du président national), celui du maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, enfin celui du ministre de la Défense, Gérard Longuet,  qui a lu, en clôture de son intervention, le message du président de la République, Nicolas Sarkozy.

Samedi soir, le président du Cercle rendait hommage aux Français d'Algérie, victimes de la guerre et du terrorisme.

 

 

L'hommage du président national des Cercles algérianistes aux Français d'Algérie, victimes de la guerre et du terrorisme (samedi 28 janvier 2012)

Intervention brève et incisive qui débute par l’évocation de tous nos martyrs, Disparus, victimes du 26 mars, des massacres d’Oran, des attentats du Milk Bar, Ottomatic, Casino de la Corniche, tombés sous les "coups aveugles de ceux qui, parés de leur bonne conscience, ont fait du terrorisme un instrument d’une soit disant libération du peuple".

 

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« Enfin, je ne peux  m’empêcher de penser à Roger, Claude, Albert et Jean-Marie qui êtes allés au bout de votre engagement pour un pays qui n’était pas toujours le vôtre, vous qui nous avez appris le prix de la liberté de conscience et qui payèrent cette liberté du prix de votre vie. (applaudissements)
Aujourd’hui, c’est vers vous tous, que nous tournons nos pensées. C’est à vous que nous rendons un solennel hommage. C’est aussi en pensant au sacrifice qui fut le vôtre que nous entendons demeurer fidèles à nous-mêmes, à nos racines, à ce combat pour l’équité et la justice.
C’est cette fidélité qui nous pousse à refuser d’accepter les mensonges et les manipulations historiques de ceux qui, enfermés dans un dogmatisme d’un autre temps, ne veulent voir qu’une seule souffrance, un seul drame, une seule catégorie de victimes.
Oui, nous refusons cette dictature de la pensée qui vise à l’éradication de tout hommage aux Français d’Algérie, de toute stèle ou de tout monument en mémoire de la souffrance des nôtres et de l’œuvre accomplie outre-mer, au motif que cela insulterait le combat de ceux qui pour parvenir à leurs fins ont les mains rougies du sang des nôtres.
Oui, nous refusons de considérer que nous devrions abdiquer notre droit légitime, ici à Perpignan comme ailleurs, à affirmer notre identité culturelle, à réhabiliter les mémoires.
Oui, nous refusons  ce  qui constitue une négation de notre âme, ravive les blessures et habille les fractures de la communauté nationale.
Oui, au nom des nôtres, nous considérons qu’il est grand temps désormais de retenir le message de ces hommes et de ces femmes qui firent le sacrifice de leur vie, qui vibrèrent pour cette France en laquelle ils croyaient tant, cette France qui pourtant les a abandonnés.
La République est grande, comme dit la formule, quand elle est la mère de tous ses fils.
La République est grande quand elle réunit toutes les mémoires.
C’est pourquoi la République, doit,  50 ans après, reconnaître que ce drame a existé, que notre drame a existé, qu’elle a sa responsabilité dans l’abandon, qu’elle a sa responsabilité dans  nos souffrances. C’est à ce titre que nous pourrons peut-être pardonner, car le pardon est le contraire de l’oubli, mais encore faut-il pour qu’il y ait pardon, qu’il n’y ait pas oubli. Merci de votre attention." (applaudissements)

L'Allocution du maire de Perpignan (Dimanche 29 janvier 2012) 

Jean-Marc Pujol se félicite du « devoir accompli » avec la réalisation du Centre de Documentation des Français d’Algérie : «  Alors, voyez-vous ce Centre de Documentation a pour objet de permettre le rétablissement de la vérité. Rien de ce qui a été fait en Algérie ne sera passé sous silence, les historiens pourront travailler et établir la vérité de ce que fût cette époque et cette période. Le temps est venu de sortir des lectures biaisées d’idéologues au service d’une cause dépassée qui travestissent la vérité pour se donner bonne conscience. » 1er-trim-2012 2391Et le maire de rajouter : «  Mais ne désespérons pas, la revue Les temps modernes vient de publier un numéro spécial 666 sur les harkis où son rédacteur Claude Lanzmann reconnaît  : "Ce numéro spécial tente de dire la vérité, réparant par là-même une grande injustice."
Le maire rappelle les  campagnes de désinformation et de calomnies qui se sont déjà manifestées lors de l’érection du Mur des Disparus, mais il espère atteindre la véritable histoire de l’Algérie en disposant à la fois d’un vaste fonds privé et « des fonds d’Etat enfermés au fin fond de la raison d’Etat ».

« Et puis au-delà de cette histoire qui a passé sous silence l’exil et le déracinement, les massacres et les  Disparus, le Centre, je l’espère sera porteur des valeurs d’humanisme, de tolérance, de ces  pionniers qui ont cru construire une nouveau monde porté par la France des lumières. »

Citant un long passage du testament de Christian de Chergé, le prieur de Tibhirine, assassiné en Algérie en 1996, il rappelle « la hauteur d’esprit, les paroles d’amour et d’espérance » qu’il veut voir porter par le Centre de Documentation. 

Il conclut en énonçant les noms d'amis Disparus en 1962 : 'Il y a désormais en France, à Perpignan, un endroit où l'on se souviendra toujours de vous."

 

Prochainement :  III - Congrès des Français d'Algérie à Perpignan : Discours du ministre et message du président de la République

 

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